Auteur Sujet: HARD BOILED  (Lu 6183 fois)

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« le: 28 août 2003 à 13:08:18 »
Hard boiled, le dernier né de la carrière de john woo à hong kong mais aussi le plus spectaculaire. D'après john woo, la scène final a comptabilisé un total de 200 morts par balle(p'têtre moins), un record encore jamais atteint. Je dis bien par balle donc cela fait beaucoup quand même.

Parmi les personnages, on peut souligner un rôle assez excellent pour Philip Kwok, acteur et chorégraphe à ses dépends. Apparemment, il est aussi à l'aise en acteur qu'en chorégraphe. Un méchant comme on les aime (quoique la fin nous réserve de sacrés surprises...). A noter que son arme de prédilection, un flingue de précision (à un coup) a déjà été utilisé dans un autre film de john woo, hard target, dans les mains de Lance Henriksen, le bad guy du film. Il semblerait que cette arme soit très apprécié par john woo car elle n'apparait pas très souvent, en général, je ne parle pas que des films de john woo.

Autre méchant et pas de moindres, le très charismatique anthony wong. Neanmoins, on pourrait regretter une absence de sadisme, présent dans ses autres films (bien entendu, time and tide n'en fait pas partie). Une image de marque en somme!

J'ai été également ravi de retrouver tony leung chiu wai dand ce rôle taillé sur mesure. Le personnage orgueilleux, solitaire et expréssivement mélancolique, avec ses petits origamis, la signature justifiant ses nombreux meurtres.

Quant à chow yun fat, campant habilement son nom, tequila. La première scène est d'ailleurs un clin d'oeil à cette boisson pour nous présenter le véritable tequila, musicien émérite mais surtout flic téméraire et borné, cherchant à tout prix à coincer les méchants. Dans ce rôle plus ou moins nouveau, on découvre une autre facette de la personnalité d'acteur de chow, un personnage très drole, plus cool qu'à son habitude, donc moins sérieux cela va de soit.
Un acteur complet donc.

Pour l'instant, je n'ai parlé que des personnages, au détriment du film. Tout simplement pour vous montrer que harb boiled n'est pas qu'un simple film d'action, c'est avant tout un film avec des personnages d'une rare intensité, des personnalités développés!

Pour ce qui est de la musique et notamment la musique d'un polar, elle excelle dans son domaine. A l'instar de guns and talks, elle sait replacer les genres dans leur contexte. Je pense à la zik qui accompagne les rêves de tony...très mélancolique et particulièrement adapté à la situation.

Sinon, voici une réplique culte qui me fait toujours autant délirer :

"Donne un flingue à un mec et il est superman. Donne lui en deux et il est dieu"

Voilà, venez parler de ce film culte!

Vive chow yun fat

Great!!Onizuka

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HARD BOILED
« Réponse #1 le: 28 août 2003 à 13:37:03 »
:) Je l'ai vu à de nombreuses reprises, ça doit être le seul film de John Woo à son époque HK qui est passé aussi souvent à la télévision. La fusillade à l'hôpital est hallucinante, une des plus impressionantes que j'aie vu. Tony Leung, quand à lui, a un rôle qui lui va comme un gant, ça le change un peu des films de Wong Kar-Wai ^^. Je me le suis acheté en dvd, pour pouvoir enfin profiter de la vo plutôt que cette infâme vf (comme d'hab quoi  :o ) :wink:

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #2 le: 28 août 2003 à 13:48:33 »
C'est clair, l'édition dvd est indispensable, ne serait ce que pour éviter d'entendre la voix de bucheron (à la francaise) qu'ils ont osé mettre au grand chow yun fat!
HK vidéo fait du très bon boulot. Après l'excellente édition de the killer, on peut clamer haut et fort que les films de john woo n'ont jamais été aussi bien rendu.

Au fait, si tu as aimé l'interprétation de tony leung ou plutôt le genre de rôle qu'il arbore, eh bien, je te conseille de voir "infernal affairs". Tony leung y joue un rôle identique...mais plus tragique. Je ne t'en dis pas plus!
Tout ce que je peux faire, c'est de te le conseiller ardemment!
Le polar de l'année, inconstestablement!

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HARD BOILED
« Réponse #2 le: 28 août 2003 à 13:48:33 »

Great!!Onizuka

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HARD BOILED
« Réponse #3 le: 28 août 2003 à 13:55:06 »
:) Héhé je crois que tu veux parler de "Internal Affairs" ^^. Je ne l'ai pas encore vu mais ça ne va pas tarder car tout le monde me dit qu'il est excellent  :wink: .

Il y a déjà topic dessus si ça t'intéresse d'en parler  :wink:

http://www.kawaiidream.net/agora/viewtopic.php?t=2265

Ryosan

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HARD BOILED
« Réponse #4 le: 28 août 2003 à 14:11:42 »
Citation de: Zhou Runfa
Après l'excellente édition de the killer, on peut clamer haut et fort que les films de john woo n'ont jamais été aussi bien rendu.

Hum... mis à part la version longue du film qui écope d'innommables sous-titre par dessus le film, trop laid !

Pour en revenir à Hard Boiled, c'est un grand Chow Yun Fat, sans aucun doute. La scène dans l'hôpital, comme le souligne GTO arrache les yeux :shock: :lol: Mais bon, ça ne vaut pas un A Better Tomorrow quand même :roll:

Zhou Runfa

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« Réponse #5 le: 28 août 2003 à 14:20:39 »
Onizuka< Non non, ce n'est pas une faute de frappe, le film se nomme bel et bien "inFernal affairs".
Je l'ai vu y'a pas longtemps donc je m'en souviens.
La preuve :

(http://seaofeden.free.fr/images/infernal_affairs_affiche.jpg)

Ou encore

(http://seaofeden.free.fr/images/infernal_affairs_affiche_2.jpg)

Voilà!

Sinon, j'ai un peu survolé le forum et il se trouve qu'il reste un paquet de topic où je n'ai pas encore répondu.
Je viens d'arriver donc j'ai tout le temps devant moi

Bon, arrêtons de flooder et revenons en à hard boiled :wink:

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #6 le: 28 août 2003 à 14:25:47 »
Ryosan< Quelle coïncidence, mon film culte tout film confondu est "a better tomorrow"
J'en ferai un topic à l'occasion, tiens, ben, pourquoi pas maintenant! :wink:
Après promis, je me casse!

Edit< "A better tomorrow" est quand même beaucoup moins axé actiion que "hard boiled" qui atteint des sommets inégalables

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HARD BOILED
« Réponse #7 le: 29 août 2003 à 21:10:48 »
Merci Zhou, bon topic. J'ai rien d'autre à ajouter si ce n'est qu'Hard Boiled est perso mon film culte. Et merci de m'avoir corrigé en précisant que ce film est le dernier de John Woo à Hong Kong car apres vérification il s'avere que tu as raison. J'avais toujours pensé qu'il avait fait Once à Thief après je sais pas pourquoi.

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #8 le: 30 août 2003 à 01:11:34 »
:) Merci!
Pour once a thief, tu as du confondre avec l'épisode pilote de la série du même nom qui a été fait par john woo et après hard boiled. D'autre part, cette série n'avait rien avoir avec le once a thief de 1991 (avec chow yun fat et leslie cheung) puisque la réalisation n'était ni de nationalité hk ni réalisé par un hong kongais. A moins que tu voulais parler du once a thief de 1991 qui était sorti un an avant hard boiled.

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HARD BOILED
« Réponse #9 le: 30 août 2003 à 09:55:18 »
Je parlais bien du Once a Thief avec Chow Yun Fat et je le voyais après mais je me suis trompé :oops:

Takezo

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HARD BOILED
« Réponse #10 le: 30 août 2003 à 10:57:08 »
Moi aussi j'ai adoré regarder tous les films de Jonh Woo réalisés à Hong Kong ( j'accroche pas à sa période actuelle américaine... :? )
J'adore la série des A better tomorrow, Hard Boiled déchire dans tous les sens du termes ( ahhh... La scène de l' hopital: Du pur délire visuel !! 8) )
J'ai également un coup de coeur pour A bullet in the head, film très triste de Jonh Woo . :cry:

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HARD BOILED
« Réponse #10 le: 30 août 2003 à 10:57:08 »

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #11 le: 03 septembre 2003 à 12:09:19 »
Tu oublies the killer, très triste également!
Perso, j'accroche pas mal à sa période ricaine! C'est un fait, john woo n'arrive pas à surclasser ses film HK mais il a le mérite de proposer de bons divertissements, voir même d'excellent film, volte face par exemple! Et niveau acteur, il ne s'est pas accaparé de débutant, john travolta pour n'en citer qu'un, un gars que j'admire beaucoup! Je ne sais pas si c'est une coïncidence mais je le considère comme le chow yun fat ricain!
Le seul film qui me dégoute amplement, c'est M'navet'I2. On ne retrouve pas vraiment, pas du tout en fait le style de John woo, les liens d'amitié, d'honneur etc... Un film d'action basique, avec une forme visuel, j'en conviens mais le reste, le plus important, ne suit pas! Je parle bien sur du fond!

aoshi

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HARD BOILED
« Réponse #12 le: 04 septembre 2003 à 19:39:28 »
copié/collé de ma critique sur sea of eden (oui je suis fainéant!)

Bon, ça y est , les choses sérieuses commencent, fini la rigolade, ça faisait longtemps qu'il aurait du être là. Aujourd'hui, lundi 2 juin 2003, 22h48, un énorme vide est comblé. On vous a parlé d'une ribambelle de films asiatiques, sans jamais évoquer les John Woo. Maintenant en pleine possession de nos moyens, nous nous attaquons aux sommets du cinéma. Alors que Zhou se tape le film culte, le magistral, le monumental "The Killer", je vous parlerai aujourd'hui du non moins culte "Hard Boiled" (ou "A toute épreuve" en français). Je ne vous cacherai pas que je considère ce film comme étant le meilleur polar jamais réalisé ( je ne considère pas vraiment "the killer" comme étant un polar, mais plutôt comme un film romantique avec je vous l'accorde de nombreuses gunfights ). Alors désolé si je m'emporte un peu, mais "Hard Boiled" en vaut la chandelle, indubitablement. Rangez tous vos polars au placard, et oubliez tout ce que vous avez vu, car vous n'avez rien vu. 
     John Woo, ça vous dit sûrement quelque chose. Réalisateur mondialement connu, tout le monde pourra vous citer ses oeuvres : Volte Face, chasse à l'homme,  Broken Arrow, Mission Impossible 2, Windtalkers....mouais, bof on va dire. Ce que beaucoup de gens ne savent pas, c'est que John Woo a connu une carrière à Hong Kong tout à fait magistrale. En effet, à par Volte Face, les autres films américains de John ne sont guères fantastiques. Le but est ici de vous montrer que John Woo sait faire (ou savait faire) beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux. Ce cher John est donc à l'origine de films extraordinaires et à créé un genre à lui tout seul. Essayez donc de parler du "syndicat du crime" à Zhou, vous verrez, ils ne vous lâchera plus, impossible de l'arrêter. Evoquez "The Killer" ou "Hard Boiled" sur le forum, et vous serez immédiatement promus membre d'honneur ultime du site, avec louanges à la clef. C'est simple, toute l'industrie du polar de Hong Kong (ou presque) repose sur les bases fondées par John Woo. J'espère que maintenant vous vous rendez compte du phénomène. Les films hong kongais de John Woo ont été copiés et recopiés jusqu'à plus soif par un nombre incalculable de réalisateurs du monde entier (demandez un peu à Tarantino ;) Et le plus incroyable, c'est que personne (ou presque, il ne faut pas exagérer) ne connait les grands films de John Woo. Ne vous inquiètez pas, bientôt (lorsque vous aurez fini de lire cette page, pour être plus précis) vous vous ruerez dans le magasin le plus proche pour acheter "Hard Boiled". Bon, je vous donne un conseil comme ça. Lisez aussi la critique de Zhou sur "The Killer" (nd zhou : qui n'est pas encore en ligne car je n'ai pas eu le temps de la finir), ça vous évitera de devoir y retourner illico. Bon, d'accord, c'est vrai que niveau objectivité, on a fait mieux, je vais donc essayer de me calmer, et de vous parler du film.

     John Woo était donc un éminant réalisateur de Hong Kong dont la renommée ne cessait de croître, si bien qu'Hollywood (bouh, vilain, perversion) commençait à s'intéresser à John, qui bien sûr était attiré par Hollywood (bouh, caca). On ne peut pas réellement lui en vouloir, surtout qu'à l'époque, l'avenir du cinéma à Hong Kong était incertain (Hong Kong allait être récupérée par la Chine), et beaucoup sont partis (Tsui Hark, Ringo Lam, ...). Aller travailler à Holywood (rebouh, crotte de bique ) est une opportunité qui ne se loupe pas, et à plus forte raison pour un réalisateur asiatique. Toutefois, John aime profondément Hong Kong et avant de partir, il décide de réaliser un dernier film, une sorte d'adieu-hommage à Hong Kong, mais qui lui ouvrirait par la même occasion les portes d'Hollywood (bah, prout, pas bien) en grand. Au bout du compte naît en 1991, "Hard Boiled", tout simplement le film le plus stylé au monde. Pitié John, reviens!! (nd zhou :... et chow yun fat aussi par la même occaz'!)
     Bon, je crois que trois paragraphes, pour une intro, c'est suffisant, je voudrais pas non plus faire croire que je suis gourou d'une secte, ni vous ennuyer à rabacher toujours la même chose (achèèèèèète "Hard Boiled"!!!!!). Je passe donc au film, pour de vrai, il est 23h17 et je n'ai jamais éprouvé autant de bonheur à écrire une critique de film :) . L'histoire se déroule donc à Hong Kong, dans les années 90, et la vie n'est pas rose dans l'ex colonie britanique. En effet, le taux de criminalité est extrêmement élevé, trafics d'armes, guerres des gangs, voilà le quotidien, et les forces de police ont beaucoup de mal à faire face. Tequila (Chow Yun-Fat) est un de ces flics, sa particularité vient de ses méthodes, pas très catholiques (une sorte d'inspecteur Harry chinois), il combat le mal par le mal, et ça marche, mis à part le fait que son patron n'approuve pas vraiment. Cependant, un jour, le coéquipier et ami de Tequila se fait tuer lors d'une violente (et magistrale ^^) fusillade. Tequilla met donc un point d'honneur à stopper le chef de gang le plus dangereux du milieu, un dénommé Johnny (Anthony Wong). Il se heurte à un de ses nouveaux tueur, un certain Tony (Tony Leung), as de la gachette qui l'épargne mystérieusement. Je ne vous en dit pas plus, je vous laisse apprécier pleinement ce chef d'oeuvre.

     Toutefois, j'attire votre attention sur le fait que le scénario n'est pas le point le plus important du film, même si, rassurez vous, il est rondement mené. Le film est avant tout un exercice de style sublime. Les gunfights ( fusillades ) sont incroyables et les personnages extrêmement charismatiques. Il est indéniable que John Woo est (ou était) un maître en la matière. Personne ne peut filmer une gunfight avec autant de grâce, de style et de violence que lui. On assiste non plus à une bataille aux armes à feu, mais à un ballet somptueux où les personnages plongent, roulent, esquivent au ralentit en semant la mort, une arme dans chaque main. C'est ce que l'on appelle le style John Woo. Un des seuls réalisateur qui réussit à rendre une scène ultraviolente aussi belle que sanglante. On s'extasie à chaque instant devant tant de trouvailles qui donnent au film une aura, une carte de visite, un tampon John Woo, gage de qualité certain. Il suffit de voir la scène de la maison de thé pour comprendre...  john Woo est sans aucun doute le meilleur réalisateur de gunfight au monde, et il n'hésite pas à nous le rappeller en inventant des nouveaux procédés tous plus fous les uns que les autres, par exemple, "Hard Boiled" est un des seul (si ce n'est le seul) film d'action ou l'on peut voir un plan séquence d'une gunfight (qui dure 3 minutes si je me souviens bien). Tout simplement incroyable. Mais on ne peut pas seulement attribuer à John Woo les meilleures gunfights du cinéma. Il est aussi un des seuls réalisateurs qui puisse donner à des détails une importance stylistique énorme. Ainsi, une simple paire de lunette, une alumette ou encore un oiseau en papier peuvent émerveiller le spectateur en prenant une importance gigantesque (tout en restant un détail). Celà peut paraître fou, et il faut le voir pour le comprendre. Prenez la scène de la maison de thé par exemple, quel détail reste t-il après les 12 minutes de fusillade? L'allumette dans la bouche de Chow Yun-Fat! Des tout petits détails mais qui donnent aux personnages une consistance, un style unique, une âme et les rendent par la même occasion inoubliables. De ce point de vue, "Hard Boiled" est le film le plus représentatif du style de John Woo, qui se donne littéralement corps et âme dans son film. Ainsi, "Hard boiled" véhicule également les thèmes chers à John Woo, tel que l'amitié, la loyauté, ou le sacrifice. Pour ça vous pouvez me croire, le film est un pur receuil de morceaux de bravoure inoubliables. 

     J'en vient donc à vous parler des personnages, car il s'agit ici aussi d'un des points majeurs du film. "Hard Boiled" repose sur deux énormes piliers, deux monstres du cinéma asiatique: Chow Yun-Fat et Tony Leung. Le duel entre ces deux acteurs est une pièce maîtresse du film, leur simple présence justifie la vision du film. Il faut dire que ce ne sont pas des débutants. A ma droite, Chow Yun-Fat (anciennement l'acteur fétiche de John Woo et accessoirement acteur vénéré par Zhou), un des acteurs les plus important de Hong Kong, que vous avez certainement déjà remarqué  dans "The Killer", "Le syndicat du crime" ou encore "Tigre et Dragon" (pour citer les plus connus), d'ailleurs, le succès des films de John Woo provient également de Chow Yun-Fat qui marque les esprits dans chacune de ses apparitions. Son personnage, Tequilla est très éloigné du tueur classe de "The Killer", il se rapproche plus d'un héro de film américain, une sorte de mix entre l'inspecteur Harry et John Mac Clane. Néanmoins, rassurez vous, il n'en perd pas moins sa "cool attitude" legendaire. A ma gauche, Tony Leung, qui a récemment fait parler de lui avec sa performance plus que remarquée (prix d'interprétation masculine à Cannes) dans "In the mood for love" de Wong Kar Wai. Tony Leung incarne ici un de ses meilleurs rôles. Et même si on est face à un film d'action pur et dur, on ne peut que remarquer ses performances hallucinantes. Il en volerait presque la vedette à Chow Yun Fat et je ne vous cacherais pas que j'ai été plus qu'ébloui par son jeu d'acteur. Il parvient avec une facilité déconcertante à faire passer la dualité de son personnage, qui est le plus intéressant du film. Ces deux monuments nous offrent donc un duel au sommet savoureux où l'apothéose se situe lors du cultissime "mexican stand off" cher à John Woo. A côté de ce fabuleux face à face, les autres acteurs s'ont pas à rougir de la comparaison puisque le méchant violent et sadique est interprété par Anthony Wong, fantastique acteur de son état qui a joué dans plus de 100 films dont "The mission" de Johnnie To ou encore "Time and Tide" de Tsui Hark (pour vous citer mes coups de coeur les plus récents).  De même si un tueur marque bien les esprit, c'est bien le borgne, interprété par l'acteur-chorégraphe Philip Kwok (qui a aussi réglé les combats du "pacte des loups" de Christophe Gans) qui fiche la trouille avec sa dégaine impossible et impassible, mais qui révèle bien des surprises. A noter également que John Woo apparait à deux ou trois reprises dans le film, je vous laisse le soin de le reconnaitre.

Le fameux "mexican stand-off" de john Woo
     Tout ça pour dire qu'on ne peut pas vraiment s'endormir devant "Hard Boiled", la référence en matière de polar d'action tellement on s'accroche au rythme du film et aux personnages. Le film comporte également nombres de clin d'oeil à certains films d'actions américains de la même époque, à savoir entre autres "Piège de Cristal" ou "Terminator 2", plus ou moins bien exploités il est vrai (n'empêche que les roses blanches resteront gravées dans mon esprit jusqu'à la fin des temps). Ce n'est que justice, vu comment les films américains "empruntent" à John Woo. John veut montrer au monde qu'il peut rivaliser aisément avec les gros films d'actions américains, et celà même avec un budget moindre. Mais ça, on le savait déjà. Ainsi "Hard Boiled" est quelque peu calibré pour un public américain (qui n'avait que moyennement apprécié "The Killer") tout en restant profondément John Woo, un réalisateur qui se donne à fond, et qui pousse son équipe à en faire autant (Tony Leung à failli devenir aveugle, Chow Yun-Fat à failli mourir brûlé!) Pour finir, je dois dire que la musique d'un film d'action ne me reste que très rarement dans la tête, mais pour une fois, tout est parfait, le thème musical du film est simple mais efficace, nerveux et intriguant, en clair, diablement efficace.
     Lorsque l'on regarde le film et qu'on est pas habitué à ce genre de cinéma, ce qui peut frapper au premier abord, c'est -malgré l'univers réaliste du film- toutes les invraisemblances décelables. Les plus perspicaces ne manqueront pas de faire remarquer, avec un sourire moqueur, que les armes ne se vident pas rapidement (je dirai même plus, les munitions sont illimités!), de même, il est étonnant de voir comment les personnages principaux résistent aux balles alors que les "petites frappes" volent littéralement lorsque Chow Yun Fat ou Tony Leung leur vident un chargeur dans le ventre. Ce côté surréaliste ne se présente pas comme un défaut ou comme un oubli du réalisateur, il est complétement indisociable au cinéma de John Woo. Alors que l'on accepte les personnages volants de "Zu" et les super pouvoirs de "Taï Chi Master", on bute sur la balle en trop dans "Hard Boiled". Il est alors necessaire de rapeller que Hard Boiled est un film Hong Kongais, et par là aux antipodes des superproductions hollywoodiennes. Et plutôt que de rapprocher Hard Boiled d'un "Heat", on remarquera qu'il possède plus de points communs avec le Wu xia pian (film de cape et d'épée hong kongais, pour donner une courte définition). John Woo transpose juste l'univers dans un contexte actuel urbain, et remplace les sabres par des armes à feu. Les personnages ne sont ni plus ni moins que des chevaliers (et ce point atteint son paroxysme dans "the killer"). Si le Wu xia pian classique a ses chorégraphies diaboliques, John Woo a des gunfights renversants, alors que Adam cheng a ses épées magiques, Chow Yun Fat a ses doubles berettas toujours pleins. On peut ainsi voir le film comme une transposition du Wu xia pian dans un univers moderne, tout en gardant ses caractéristiques (souvenez vous le combat à un contre cinquante dans l'entrepôt...). Il est important de voir ses films avec cet angle de vue, sous peine de ne pas l'apprécier à sa juste valeur. Etant pleinement habitués au films occidentaux, nous sommes habitués à des scènes peut être plus réalistes, mais ô combien moins impresionnantes, vu que chaque (rare) petit excès doit être accompagné de sa justification. John Woo, lui fait du "Neo-Wu xia pian" (si vous me permettez l'expression), et il est alors libéré, il peut laisser libre cour à son imagination et nous montrer des scènes toutes plus folles les unes que les autres. C'est ce qui donne cette aura à ses films, et qui leur confère cette puissance. Et c'est aussi la recette de son succès à travers le monde. Maintenant je vous laisse deviner ce qu'il manque cruellement dans ses films holywoodiens... 

     Enfin, revenons sur Terre, et à notre petite critique (ou dossier je sais plus) de "Hard Boiled", j'espère sincèrement que je vous ai donné envie de voir (ou revoir) ce chef d'oeuvre. Si vous prenez autant de plaisir à le voir que j'en ai eu pour écrire cet article alors ma mission aura été accomplie (je crois qu'un jour je ferai un gros dossier bien complet sur ce film d'ailleurs). Je n'ai pas été très objectif il est vrai mais je ne trouve définitivement pas de défauts a ce film. Pourquoi acheter "hard boiled"? C'est simple, pour son réalisateur magistral, pour son scénario mettant face à face deux légendes vivantes de Hong Kong, pour son style inégalable, pour ses gunfights de toute beauté, pour son méchant sadique, pour la scène de la maison de thé, pour son rythme à toute épreuve (un petit jeu de mot ne fait pas de mal) et pour finir, pour son édition dvd ultime que nous a sorti HK édition! Ne vous privez pas : le film le plus stylé au monde est à votre portée, alors foncez, vous ne pouvez pas être déçu. Ou alors, je me fais moine Shaolin et je pars chasser les démons dans les lointaines montagnes de Zu...


Et pour revenir sur le topic, c'est vrai qu'il ne vaut un A better tomorrow ou un The Killer, mais ça n'est certainement pas le but! Hard Boiled est plus "bourrin" si vous me permettez l'expression, et dans le genre, c'est mon préféré!
Bon, je m'éternise pas, j'ai beaucoup de topic à répondre ;)

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HARD BOILED
« Réponse #13 le: 04 septembre 2003 à 20:48:48 »
:aime:
C'est mon film culte et je suis ému de lire un article qui en parle avec tant de passion. Bravo.

aoshi

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HARD BOILED
« Réponse #14 le: 04 septembre 2003 à 20:59:29 »
Merci beaucoup ça me touche énormement  :D

Takezo

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HARD BOILED
« Réponse #15 le: 04 septembre 2003 à 21:25:42 »
Ah ben alors là Aoshi ; moi je dis: respect !! :D
Un grand post dans tous les sens du terme !!

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #16 le: 04 septembre 2003 à 23:33:47 »
Yep, la critique d'aoshi est assez explicite pour exprimer son ressentiment!
Je suis en tout point d'accord avec lui!

Ryosan

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HARD BOILED
« Réponse #17 le: 05 septembre 2003 à 08:45:11 »
Son "ressentiment" ? Moi je dirais le contraire vu qu'il semble aduler ce film ;) (la magie de la langue française :lol:). Dites les mecs, ça vous arrive de ne pas aimer un film asiatique ? Parce que là, vous commencez à épuiser les superlatifs avec tous vos avis sur ce forum :D Ceci dit, la plupart des films dont on parle ici les mérite amplement.

aoshi

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HARD BOILED
« Réponse #18 le: 05 septembre 2003 à 09:44:40 »
hihi, c'est vrai que les superlatifs pleuvent avec nous, mais quand on aime.... :lol:
Y a til des films asiatiques que l'on a pas aimé? Bien sur, il y a plein de daubes comme Claws of Steel & Co mais ceux là, on les achète pas ;) (quoi que dans le cas de Claws je me suis fait enculé).
Moi, quand j'aime, je me lâche :)

Zhou Runfa

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HARD BOILED
« Réponse #19 le: 05 septembre 2003 à 16:10:24 »
Yep, le terme "engouement" aurait été plus approprié :lol: !
Il est vrai que nous sommes bardés de superlatif mais la passion n'a pour sa part aucune limite.
Si je devais donner un avis sur tous les films possèdant déjà un topic, je ne m'en sortirai plus donc je préfère suivre le mouvement. Aoshi s'est ramené en répondant à une dizaine de topic donc j'en ai profité pour y ajouter quelques posts!
Mais ne vous étonnez pas si vous voyez ressurgir un topic datant de plus d'un mois :wink: !

Au fait, aoshi, j'ai vu une tache sur ton étagère, une grosse tache avec écrit dessus "claws of steel" :P. Pourquoi tu ne le vends pas? T'aimes collectionner les daubes ou quoi! Allez, gicle le, tu pourras le remplacer par le boitier de "A Man Who Went To Mars" :wink:

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HARD BOILED
« Réponse #19 le: 05 septembre 2003 à 16:10:24 »