Auteur Sujet: Fallen Angels (Les anges déchus) de Wong Kar-wai  (Lu 930 fois)

souben

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Fallen Angels (Les anges déchus) de Wong Kar-wai
« le: 09 novembre 2004 à 00:37:34 »
Bon alors en faisant du tri dans mes affaires je suis tombé sur un film que j'avais enregistré sur Arte et que j'avais pas vu.

Titre : Fallen Angels
Réalisateur : Wong Kar-wai
Genre : Comédie dramatique hongkongaise
Année : 1996
Acteurs (rôle) : Leon Lai Ming (le tueur), Michele Reis (Li Jiaxin), Takeshi Kaneshiro (Ho), Charlie Youg (Cherry), Karen Mok (Punkie).
Durée : 1h33

Citation de: Comme résumé dans le Téléobservateur, on
A Hongkong, un tueur à gages s'est associé à une étrange jeune femme. Celle-ci reçoit les "commandes" et se charge des divers repérages nécessaires, ne laissant que l'ultime besogne à son associé. Les deux jeunes gens ont eu quelque temps auparavant une brève liaison, interrompue pour des raisons professionnelles
Citation de: En avis, suite à ce résumé, dans le même journal, on
Wong Kar-wai a du talent, cela ne fait guère de doute. Mais ceux que "Chunking Express" n'avait pas convaincus risquent fort là encore de rester sur leur faim. Les autres savent à quoi s'attendre.


Dans le même journal (bein oui quand j'enregistre, je récupère les coupures des journaux pour me faire les jacquettes :wink: ) un critique a publié un court article :

Citation de: Eric de Saint Angel
Les affaires sont les affaires. Elles ne font pas bon ménage avec l'amour. Un tueur à gages en a assez de tuer. La femme qui lui sert d'agent rêve qu'elle tombe amoureuse de lui. Parallèlement, une fausse blonde veut se venger de son fiancée qui l'a plaquée, une autre jeune femme guette le grand amour et un garçon muet, sorti de prison depuis peu, déambule dans les rues. Sur cette trame impressioniste, Wong Kar-wai superpose les degrès de lecture. Ses personnages fument beaucoup et ont le nez collé au carreau de la vie. Ils sont les spectateurs engourdies de leur propre destin.
Comme toujours dans ses films, une ritournelle obsédante accompagne leur dérive. Une esthétique de la morbidité s'en dégage. Tourné juste après "Chungking Express", son premier grand succès international, "Les Anges déchus" en est le prolongement théorique. Filmé entièrement avec un objectif grand angle ("A Hongkong, nous n'avons ni le temps ni l'espace ni les moyens de tourner autrement que caméra à l'épaule ou au grand angle"), ce polar sans cheville narrative et dont la progression n'est jamais linéaire appuie à fond sur la pédale de la désespérance existentielle. Après ce film, Wong Kar-wai a voulu se changer les idées. Il est allé tourner "Happy Together" en Argentine parce que c'était le pays le plus éloigné de Hongkong qu'il pouvait trouver. La musique d'Astor Piazzolla préfigurait la valse aux échos durassiens de "In The Mood for Love".


Alors, oui la trame scénaristique saute d'une histoire à l'autre, un peu comme dans "pull fiction" (mais sans écran noir, ni titre), ce qui rend le film décousu par moment, mais en fait Wong Kar-wai dresse un mini catalogue des histoires d'amour impossibles. Comment un muet (après avoir manger une boîte d'ananas de conserve périmé) peut aborder une fille ou tout simplement trouver du travail ? Comment l'agent d'un tueur à gage et ce dernier peuvent se rencontrer alors qu'ils se croisent sans arrêt, sans se voir ? Au lieu justement d'affronter le problème, ils fuient en se retrouvant dans leurs propres histoires d'amour qui tourneront fatalement à l'échec et les ramène à la triste réalité pour les changer en profondeur vers la solitude.

Sur un scénario lent, le rélisateur arrive à faire plonger le spectateur grace à une photographie superbe, mais aussi par des artifices de réalisation. En effet la technique du "grand angle" est admirablement utilisée pour rentrer dans la tête des personnages, et rendre la narration captivante.
De plus Wong Kar-wai nous montre beaucoup de gestes de la vie quotidienne rendant le film crédible, certains plans sont largement mis en évidence, comme le ménage de la chambre, l'ouverture d'une consigne, le linge lavé avec la machine située sur le pallier de l'imeuble, le fait de regarder par la fenêtre du métro pour savoir si le tueur est bien dans son repère, etc...


En conclusion, un scénario et une réalisation des plus originaux et atypiques, font de ce film un vrai petit bijou à regarder et à conserver.

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Fallen Angels (Les anges déchus) de Wong Kar-wai
« le: 09 novembre 2004 à 00:37:34 »